Le Mur
Trois cents miles de glace, sept cents pieds de haut, élevé à la fin de la Longue Nuit pour contenir ce qui attend dans le froid. Voici comment le Mur fut fait, quelle est sa vraie démesure, les dix-neuf châteaux disposés le long de lui, et la vieille magie qu'on dit tissée dans la glace.
Qui a bâti le Mur
Le Mur est la plus grande œuvre des hommes qui fut jamais, et nul homme vivant ne sait avec certitude qui l'éleva. Le récit que garde le Nord veut qu'il fût dressé à la fin de la Longue Nuit, voici quelque huit mille ans, quand les Autres avaient été repoussés au-delà du bord du monde et que les hommes résolurent qu'ils ne reviendraient jamais.
Bran le Bâtisseur est le nom que les chansons donnent à son bâtisseur — le même Stark légendaire à qui l'on prête Winterfell et la moitié des vieilles merveilles du Nord. Les chanteurs ajoutent qu'il ne peina pas seul : que les géants prêtèrent leur force pour soulever les grands blocs de glace, et que les enfants de la forêt tissèrent des sortilèges dans le rempart gelé pour le lier contre les morts. Géants, enfants, et un homme qui vécut assez longtemps pour élever trois merveilles en une seule vie — les mestres consignent tout cela, et n'en croient que ce qu'ils doivent, ce qui est peu. Ce qui est certain, c'est que le Mur se dresse, et que nulle maçonnerie ordinaire n'aurait pu l'élever.
Quelle est la taille du Mur
Cent lieues de glace, de la Baie des Glaces à l'ouest à la Baie des Phoques à l'est, gardant tout le bord septentrional du royaume.
Sept cents pieds de glace à son point le plus haut, assez large sur son sommet pour qu'une douzaine de chevaliers montés y chevauchent de front.
Les chiffres sont ceux de la Garde elle-même et varient avec les congères et les âges ; le Mur grandit dans le récit et, jurent certains frères, en vérité, car les frères noirs y ont ajouté au fil des siècles. Son sommet est une route de glace, tortueuse et ornière, patrouillée contre les sauvageons et pire encore.
Les dix-neuf châteaux de la Garde de Nuit
Dix-neuf châteaux furent élevés le long du Mur dans l'orgueil de la Garde, quand dix mille hommes tenaient la glace. Au temps des romans, moins d'un millier de frères noirs demeurent, et trois châteaux seulement sont encore tenus. Les autres se dressent vides, certains tombés en ruine, leurs portes scellées et leurs tunnels engorgés de glace — un mur sans garnison, et trop peu de guetteurs dessus.
| Château | Statut | Notes |
|---|---|---|
| Fort-Levant | Gardé | Le château le plus oriental, un port sur la Baie des Phoques où la Garde tient ses navires. |
| Guet-du-Bois | Abandonné | Abandonné depuis longtemps. |
| Salle-de-Sable | Abandonné | Vide et sans garnison. |
| Porte-du-Givre | Abandonné | Vide et sans garnison. |
| Long Tumulus | Abandonné | Abandonné, sa garnison retirée. |
| Les Torches | Abandonné | Vide et sans garnison. |
| Garde Verte | Abandonné | Tombé en ruine. |
| Lac Profond | Abandonné | Élevé pour remplacer Fort Nocturne, désormais abandonné. |
| Porte-la-Reine | Abandonné | Vide, tout près de Châteaunoir. |
| Châteaunoir | Gardé | Siège du lord Commandant et cœur de la Garde, tout près de la fin de la route royale. |
| Écu-de-Chêne | Abandonné | Vide et sans garnison. |
| Fort Nocturne | Abandonné | Le plus ancien et le plus vaste des châteaux, abandonné depuis deux siècles, hanté de sombres récits. |
| Marque-de-Glace | Abandonné | Vide et sans garnison. |
| La Tour Ombreuse | Gardé | Le château tenu le plus à l'ouest, gardant la Gorge où le Mur rejoint les montagnes. |
| Poste-de-la-Sentinelle | Abandonné | Vide et sans garnison. |
| Garde Grise | Abandonné | À demi ruiné, son escalier effondré. |
| Porte-de-Pierre | Abandonné | Vide et sans garnison. |
| Colline-du-Givre | Abandonné | Vide et sans garnison. |
| Fort-Couchant | Abandonné | Le château le plus occidental de tous, abandonné depuis longtemps. |
L'ordre va d'est en ouest, de la Baie des Phoques au rivage de la Baie des Glaces. Les rôles des mestres ne s'accordent pas toujours sur les noms les plus occidentaux, et certains de ces châteaux ne sont guère plus qu'un nom et un tas de pierres écroulées ; seuls Fort-Levant, Châteaunoir et la Tour Ombreuse tiennent des garnisons vivantes.
La magie dans la glace
Le Mur est davantage que de la glace, du moins le soutiennent les plus vieux frères. Des sortilèges y seraient tissés — les protections des enfants de la forêt, posées lors de son édification — de sorte que les morts et les Autres ne puissent passer tant qu'il se dresse. Les créatures de la magie froide y faiblissent ; un spectre ne le traversera pas, et les sauvageons, qui craignent de telles choses plus qu'aucun homme du sud, ont battu le Mur pendant des milliers d'années sans jamais l'abattre durablement.
Au Fort Nocturne abandonné se dresse la Porte Noire, un vantail de barral pâle poussé en forme de visage, enfoui profond sous le château. Elle ne s'ouvre que pour un Frère Juré de la Garde de Nuit qui prononce les mots du serment, et laisse un voyageur traverser net la base du Mur. Les mestres, qui se méfient de toute magie, consignent ces récits sans les cautionner — mais les frères noirs qui gardent la glace ne s'en moquent pas, et cette réticence est en elle-même une manière de témoignage.
Le Don et le Nouveau Don
La Garde ne vit pas de glace seule. Le Don de Bran, accordé par Bran le Bâtisseur à l'aube de l'ordre, donna aux frères noirs la terre sur vingt-cinq lieues au sud du Mur pour la cultiver et l'exploiter, afin que les hommes qui gardaient le royaume n'eussent pas, de surcroît, à mourir de faim.
Des milliers d'années plus tard, la Bonne Reine Alysanne Targaryen mena Aile-d'Argent, son dragon, jusqu'au Mur, fut émue par le sort de la Garde en déclin, et prévalut sur son époux le roi Jaehaerys Ier pour qu'il accorde une seconde bande de terre — le Nouveau Don, encore vingt-cinq lieues. Au temps des romans, les deux Dons se dressent presque vides, leurs villages abandonnés aux razzias des sauvageons et aux durs hivers, les champs donnés à la Garde pour se nourrir elle-même retournés à l'herbe.
La Garde au bord de la chronique
Ce que les frères noirs ont trouvé au-delà du Mur dans les derniers jours des romans est voilé ici pour ceux qui n'ont pas encore chevauché aussi loin vers le nord.
Ces bifurcations nomment des morts, des dénouements et des chemins que les livres n'ont pas encore parcourus. Ne les dévoilez que si les deux routes vous sont connues — ou si vous ne craignez pas de savoir.
Questions courantes
Quelle est la hauteur et la longueur du Mur dans Le Trône de fer ?
Le Mur mesurerait environ sept cents pieds de haut et courrait sur environ trois cents miles — cent lieues — depuis la Baie des Glaces à l'ouest jusqu'à la Baie des Phoques à l'est. Son sommet est assez large pour qu'une douzaine de chevaliers montés y chevauchent de front.
Qui a bâti le Mur ?
La légende attribue à Brandon le Bâtisseur l'élévation du Mur il y a quelque huit mille ans, à la fin de la Longue Nuit. Les chansons disent qu'il fut aidé par des géants, qui soulevèrent les grands blocs de glace, et par les enfants de la forêt, qui y tissèrent des sortilèges — quoique les mestres traitent tout cela comme une légende invérifiable.
Combien de châteaux compte le Mur, et combien sont gardés ?
Dix-neuf châteaux furent bâtis le long du Mur au faîte de la Garde de Nuit. Au temps des romans, avec l'ordre réduit à moins d'un millier d'hommes, trois seulement sont encore garnis : Châteaunoir, Fort-Levant-sur-Mer, et la Tour Ombreuse.
Quelle est la magie du Mur ?
On dit que le Mur est plus que de la glace — protégé par des sortilèges posés lors de sa fabrication, si bien que les Autres et les morts ne peuvent le franchir tant qu'il tient. Au Fort Nocturne abandonné se trouve la Porte Noire, une porte de barral qui ne s'ouvre que pour un frère juré de la Garde de Nuit prononçant les mots du serment.